mercredi 7 janvier 2015

Je suis Charlie

"Celui qui tue un homme, tue toute l'humanité"
Sourate 5, Verset 32
Le Coran

Les barbares qui ont tués au saint nom du Prophète n'ont vraisemblablement pas lus le Coran comme il se devrait. Ils se sont laissés berner par des fantômes et des apparitions faciles, simples silhouettes découpées sur la toile spectrale de leur âme crevant de solitude et de perdition terminale, dans une société qui ne cesse de reléguer les cœurs perdus au pâle rayon des déshérités.

Je suis Charlie, nous sommes tous Charlie, c'est un fait incontestable et viscéral. Face à telle ignominie et telle horreur révoltante, injuste et dégueulasse, nous ne pouvons que nous dresser et opposer un front net, uni et déterminé contre une telle vague d'intolérance, de haine et de barbarie.

Mais il convient, néanmoins, de se poser les bonnes questions. Nous, eux, et surtout les caciques de l'intégration made in France.Car enfin, qui sont les atroces barbares qui ont massacrés ainsi les chancres de la caricature, de la liberté de presse et d'expression?

Des âmes perdues, des gens dont la tête (souffrant certainement d'un cruel vide) s'est laissée corrompre par une parole plus directe, plus libre et plus vraie, que celle des médias, de l'école, de la société... et que sais-je encore...

Notre société, notre pays, notre communauté (bon gré mal gré, il convient tout de même de la nommer ainsi) laisse de plus en plus de gens sur le bord de la route. Inadaptés, crédules, paumés et âmes détruites "en quêtes de personnalité"... les abandonnés du sacro-saint rêve d'intégration sont légion, et de plus en plus nombreux, ô combien....

Loin de moi l'idée de chercher quelque excuse à telle démonstration de barbarie révoltante, ignoble, ignominieuse et dégueulasse, gerbante et puante. Je condamne fermement, intimement et éternellement un tel massacre! Que les choses soient claires.

Mais il n'en est pas moins qu'un tel acte, ô combien condamnable, révèle de la pire façon possible les blessures, les failles et les crevasses béantes dans notre (pourtant) si parfaite société.A grands renforts de médias, les instances dirigeantes nous bombardent de pacte de stabilité et autres cacahuètes électoralistes.

Bien, tant mieux, mais qu'en est-il des jeunes perdus entre une famille larguée (partagée entre ses valeurs héritée de l'Islam d'un autre pays et d'un autre temps, et la vérité de notre temps et de notre pays, auxquels, bon gré mal gré, il convient tout de même de s'adapter), une société qui ne fait même plus semblant de les tolérer (la faute à la parole extrémiste la plus décomplexée et nauséabonde qui soit, envahissant complaisamment les médias) et un climat islamophobe et même (voyons plus loin), ouvertement xénophobe, qui monte sans vraiment de résistance. Voir même avec une complaisance ouverte et bienfaisante, comme si elle exprimait un ras le bol trop longtemps couvé. Tout comme, en son temps, l'antisémitisme des années 1930. L'Histoire n'est qu'affaire de recommencements... 

Je suis Charlie, nous sommes tous Charlie, nous sommes tous abasourdis, anéantis et détruits face à telle démonstration de haine, de bêtise et de barbarie ignoble et dégueulasse. Charb est mort, Wolinski est mort, Cabu est mort... une certaine idée de la liberté de la presse, ainsi que de la liberté d'expression, est morte aujourd'hui.

Mourir pour des idées, comme dit le Bon Maître, ce n'est pas une bonne idée. Certes. Mais quand il s'agit de mourir parce que quelqu'un juge que la lumière brillante de notre intellect porte atteinte à l'obscurité aveuglante qui lui tient lieu de pensée, nous nous devons d'être les défenseurs acharnés des lueurs et des bougies, pâles diamants resplendissants dans un tunnel d'obscurantisme. Aussi noires que soient l'ombre et la nuit dont on tente de nous recouvrir, nous feront de nos valeurs, imprescriptibles et éternelles, des flambeaux brillants d'une lumière éternelle. La lumière de l'humanité, la lumière de la vérité.

La société est fautive, par son manque d'intégration réelle et son exigence toujours plus grande envers ceux qui, toujours, trouvent et trouveront que, quoi qu'ils fassent, ils n'ont pas assez en retours. Mais nous compteront les points plus tard...

Je suis Charlie
Nous sommes Charlie
Et nous pleurons tous aujourd'hui
Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et tous les autres...
Vous nous manquerez
Cruellement...