samedi 22 août 2015

Frontière(s)

Il y a vraiment un problème, les gens!

On est à une époque charnière, une énième, comme un de ces carrefours déterminants auquel on se trouve régulièrement confrontés, tant à une échelle personnelle que groupée.

Ce déterminisme se définit par plusieurs critères:

1) Une situation économique et financière critique, et un accroissement rapide et brutal de la pauvreté et de la misère.

2) L'apparition d'un sauveur, sorti de nulle part, et tout désigné par les médias. Et la vox populi, de facto, trop heureuse de voir enfin le bout du tunnel, et se moquant éperdument de ce qu'il doive lui en coûter.

3) La création ipso facto d'un bouc émissaire, peu ou prou le même depuis des décennies, crée à la fois pour endurer les haines, les peurs et les manques d'un peuple trop lâche pour assumer ses propres responsabilités ; et également pour masquer les vrais coupables (et ce, sans doute, à leur propre initiative).

Quoi? Que dites vous? Que cette situation ressemble à s'y méprendre à celle de l'Allemagne en 1933? Bande de mauvaises langues! Que ne dites vous pas là!

En fait, à y regarder plus attentivement, force est de constater que.... vous avez entièrement raison!

C'est aussi la situation de la France pré-Révolution Française.

Bref, on est à l'aube d'un déferlement, d'une déflagration majeure, et tout le monde fait semblant de rien. Se contente de se cacher derrière la haine de gens (les Juifs, les Roms, les Musulmans) qui ne sont, pour la quasi totalité, coupables que d'exister.

Car enfin, nous vivons tous dans un pays dont la devise est Liberté, Égalité, Fraternité. Et si nous transigeons, ou refusons, l'un ou plus des termes de cette devise, sommes nous vraiment Français? Et si nous laissons des politiques (et leurs chiens médiatiques) nous dicter notre façon de penser, sommes nous vraiment libres?

Mais il semble que la majorité (voir la quasi totalité) des gens aient préférés l'aveuglement et le confort rassurant en lieu et place des idées et convictions, du combat incessant (et de plus en plus dur) pour des valeurs auxquelles on croit et qu'on est prêt à défendre.

On est à une époque où l'autre fait peur, où chacun se barricade pour ne pas avoir à souffrir de ce que l'autre, possiblement, peut lui ôter. Un monde de solitude poussé à l'extrême, où chacun se clôt derrière son écran pour bavasser sa haine plutôt que d'essayer de changer la donne. Internet en lieu et place des cahiers de doléances de la Révolution Française, telle est la donne de la société 2.0.

Au jour où les nuages s'amoncellent au dessus de nous, à l'heure où les bateaux de migrants coulent avec leur cargaison d'âmes désespérées, à la minute où  un anonyme écrit sur internet qu'on ne peux pas accueillir toute la misère du monde et que c'est chacun chez soi, à la seconde où un sans papier sent se fermer sur ses poignets les bracelets d'acier.... c'est tout un pays qui se ferme. Et avec lui, un peuple qui, un jour, s'est battu pour qu'on vive tous ensembles. Un peuple qui croyait que les différences n'étaient là que pour nous enrichir.

Il ne suffit pas d'être Charlie, ni qui que ce soit
Encore faut il être humain.

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